En avril 2023, j’ai rejoint la division nucléaire du Groupe REEL à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or pour une immersion de dix semaines. Fondé en 1946, REEL est aujourd’hui un acteur mondial majeur de la manutention complexe (2500 employés, 450 M€ de CA en 2022). Ma mission : participer à la conception du premier système de monitoring IoT 4.0 destiné aux centrales nucléaires françaises.
Le défi des dégrilleurs : des colosses de 23 tonnes
Au cœur du circuit de refroidissement des réacteurs nucléaires, les dégrilleurs jouent un rôle vital en filtrant les déchets du Rhône. Ce sont des machines titanesques :
- Poids : 23 tonnes pour le dégrilleur A (DGA) et 23,6 tonnes pour le B (DGB).
- Sensibilité environnementale : Un système de sécurité critique surveille la vitesse du vent. Au-delà de 112,7 km/h, les machines sont verrouillés au génie civil pour éviter tout accident.
L’enjeu stratégique pour REEL et EDF
L’objectif de ce projet “IoT 4.0” était de prouver à EDF la pertinence d’une solution de monitoring connectée pour optimiser la maintenance. Pour REEL, il s’agissait d’un projet pilote dont la réussite conditionnait l’extension de cette technologie (REEL VISION®) à l’ensemble du parc nucléaire.
Les modes de fonctionnement
L’un de mes premiers défis a été de comprendre les 5 modes opérationnels pilotés par les automates :
- Arrêt : Isoler totalement l’équipement.
- Manuel : Pilotage via boîte à boutons pour des mouvements unitaires.
- Maintenance : Accès restreint pour les interventions techniques.
- Automatique : Cycles de nettoyage déclenchés par perte de charge (>0,1 mCE).
- Marche forcée : Nettoyage continu en cas de pollution massive du fleuve.
“Connecter le nucléaire, c’est avant tout garantir une souveraineté totale sur la donnée tout en respectant des contraintes physiques extrêmes.”